Mario Talarico
Parapluies et ombrelles artisanaux : bois précieux, soie, sur-mesure. Cinq générations à Naples depuis 1860.
Parapluies artisanaux depuis 1860, cinq générations. Bottega Storica ultracentenaire officielle de Naples. Bois précieux courbés à la vapeur, canopées soie. Bespoke. Clients : Pape François, Roi Charles III, Totò, Eduardo De Filippo. 165 ans, même atelier, même geste.
Philosophie
Un parapluie n'est pas un objet jetable. C'est du bois, de la soie, et le geste d'un homme qui fait la même chose depuis cinq générations. Quand il pleut à Naples, on ouvre un Talarico.
Histoire
1860. Naples. L'atelier s'appelle encore "Al Giapponese di Giovanni Buongiovanni" - une référence au japonisme qui fait fureur en Europe à cette époque. On y fabrique des parapluies et des ombrelles à la main, dans un pays qui n'est pas encore unifié. Le rapport entre un atelier napolitain et le Japon? Les ombrelles japonaises en papier huilé, objets de fascination dans l'Europe du XIXe.
Le nom change quand Emilia Buongiovanni épouse Achille Talarico. En 1924, leur fils Giovanni Talarico et sa femme Concetta Carlevalis s'installent au Vico Due Porte a Toledo 4/B, une ruelle étroite qui descend vers la Via Toledo - cette artère tracée en 1536 par le vice-roi espagnol Pedro de Toledo, que Stendhal considérait comme la plus belle rue d'Europe. L'adresse n'a pas changé depuis cent ans. L'atelier est toujours là, au même numéro.
Le travail est entièrement manuel. Les manches sont taillés dans des bois précieux: cerisier, bambou, citronnier de Sorrente, corne, argent pour les pièces les plus élaborées. Le bois est courbé à la vapeur, jamais plié mécaniquement. Les canopées sont en soie ou en coton lourd de qualité. Chaque parapluie est fait sur commande ou choisi en boutique, puis ajusté à la main. Le geste n'a pas varié en cinq générations.
Mario Talarico Sr, 87 ans, quatrième génération, travaille encore à l'établi. Son neveu Mario Talarico Jr, cinquième génération, dirige aujourd'hui l'atelier. La transmission est collatérale, pas directe de père en fils - ce qui rend la continuité encore plus remarquable.
La liste des clients dit beaucoup sur la maison. Totò, Eduardo De Filippo, Peppino De Filippo: le Naples du théâtre et du cinéma. Plus récemment, le Pape Benoît XVI et le Pape François - confirmés par un document de la municipalité de Naples. Et le Roi Charles III, qu'on voit rarement sans son parapluie en bambou courbé à la vapeur, fabriqué par Talarico.
L'atelier cumule deux distinctions officielles de la ville de Naples: Bottega Storica, le registre général des commerces historiques, et l'inscription à l'Albo delle Imprese Storiche Ultracentenarie, réservé aux entreprises de plus de cent ans. Sur les neuf inscrites dans toute la ville, Talarico est la plus ancienne.
Les prix commencent à 55 euros pour un modèle simple en tissu. Les pièces en bois noble se situent entre 150 et 400 euros. Le sur-mesure complet, avec choix du bois, de la soie et des finitions, dépasse les 500 euros. Le parapluie est devenu un objet jetable partout ailleurs. Talarico fait exactement l'inverse: un objet qu'on répare, qu'on garde, qu'on transmet.
Produits iconiques
Ombrello in bambù
Manche en bambou entier courbé à la vapeur, canopée soie. Le modèle que porte le Roi Charles III. Pas un manche rapporté - le bambou fait toute la longueur, du bout au pommeau.