Thorens ⚠️ Avec réserves

Platines vinyle - héritage suisse de 140+ ans, sous-châssis suspendu, fabrication allemande actuelle

🇩🇪 Allemagne, Bergisch Gladbach Fondée en 1883 $$$

Faillite en 1999, rupture de continuité majeure. Suisse de nom seulement : siège et fabrication en Allemagne (Bergisch Gladbach). Propriétaire actuel Gunter Kürten, manager professionnel (ex-ELAC, ex-Denon), pas la famille fondatrice.

Philosophie

Né en 1883 à Sainte-Croix, dans la tradition suisse de la mécanique de précision. Le TD 124 (1957) reste l'une des plus grandes platines jamais fabriquées. Le Linn LP12 dérive directement du TD 150 de Thorens. Sous Gunter Kürten (depuis 2018), la marque modernise tout en respectant l'héritage analogique.

Histoire

Hermann Thorens, 1883, Sainte-Croix, Jura suisse. Le village des boîtes à musique et de la mécanique de précision. Thorens commence par des boîtes à musique et des mouvements d'horlogerie, passe aux phonographes Edison en 1903, puis aux gramophones à pavillon. En 1928, premier moteur de gramophone électrique et première cellule magnétique, des innovations qui font date. À la fin des années 20, l'usine emploie 1 200 personnes. Sainte-Croix vit au rythme de Thorens.

Hermann meurt en 1943. L'entreprise continue, diversifie : machines à couper les disques, changeurs, et même un rasoir mécanique baptisé « Riviera ». Puis en 1957, le TD 124. Développé pour les studios et les audiophiles, entraînement par galet et courroie, sous-châssis suspendu. Produit jusqu'en 1968, il est aujourd'hui considéré comme l'une des plus grandes platines jamais fabriquées. Les exemplaires restaurés se négocient entre 2 000 et 3 000 dollars sur le marché vintage.

En 1963, fusion avec Paillard SA (caméras, machines à écrire). C'est là que naît le TD 150 en 1965, première platine à courroie avec sous-châssis suspendu de Thorens. Hi-Fi News le dit clairement : toutes les platines à sous-châssis suspendu d'après le TD 150, et surtout le Linn LP12, doivent un immense merci à Thorens. Le LP12, la platine la plus célèbre au monde, est directement dérivée du TD 150. Thorens a inventé le concept que Linn a rendu célèbre.

L'âge d'or dans les années 70-80 : TD 160, TD 126 (considérée un temps comme la meilleure platine de série au monde), et en 1979 la Thorens Reference, monstre de 90 kg. Puis le CD arrive, le vinyle décline. Changements de propriétaires, délocalisation progressive vers l'Allemagne (Lahr dès 1966, puis siège en 1997). Faillite en 1999.

Heinz Rohrer reprend en 2001. Gunter Kürten (ex-ELAC, ex-Denon) rachète en 2018. Siège et fabrication à Bergisch Gladbach, Allemagne. Le TD 124 DD, réédition moderne à entraînement direct, divise les puristes. Les vintage sont vénérées, les modernes sont correctes. Le lien avec Sainte-Croix est rompu, mais l'héritage technique reste intact.

Produits iconiques

TD 124 (1957)

La légende. Produite de 1957 à 1968. Entraînement par galet et courroie, sous-châssis suspendu. Aujourd'hui vénérée comme un Graal du vinyle, les exemplaires restaurés se négocient entre 2 000 et 3 000$. La platine qui a défini ce que signifie « platine ».

TD 124 DD (reedition)

La réédition moderne du classique. Entraînement direct (DD), hommage au TD 124 original. 8 000 à 10 000 euros. Le pari de Kürten : ressusciter la légende. Divise les puristes, c'est un hommage, pas un original.

TD 1601

Sous-châssis suspendu, courroie, héritage classique modernisé. Sans cellule, Thorens laisse le client choisir. Le choix raisonnable pour qui veut du Thorens neuf sans le prix du TD 124 DD.

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