Vétra
Vêtements de travail en moleskine, manufacture familiale française depuis 1927
Philosophie
VÊtements de TRAvail, le nom est un programme. Quatre générations, une usine française, le même logo rouge depuis 1927. Le vêtement de travail comme patrimoine vivant, porté des chantiers aux rues de Tokyo.
Histoire
VÉTRA, VÊtements de TRAvail. Le nom dit tout. En 1927, Edouard Beerens a 26 ans. Sa mère lui offre son atelier de tabliers et blouses en cadeau de mariage. L'atelier est situé rue de Bretonvilliers, sur l'île Saint-Louis, en plein cœur de Paris. Edouard y fonde sa marque et dessine le logo rouge avec la silhouette d'usine, le rouge de la classe ouvrière. Ce logo n'a pas changé depuis.
Les premières pièces sont des vêtements de travail pour ouvriers et artisans : vestes, combinaisons, pantalons en moleskine de coton. La moleskine, ce tissu de coton brossé, dense et résistant, est la signature Vétra depuis le premier jour. Celle utilisée est tissée en Normandie, teinte en France. Historiquement en bleu et noir uniquement, Vétra a été la première marque à proposer une gamme de couleurs.
En 1939, l'atelier Vétra fabrique des uniformes pour l'armée française. La guerre, puis la reconstruction, les vêtements de travail sont une nécessité, pas un choix de mode. Pendant des décennies, Vétra distribue exclusivement via des magasins spécialisés et des entreprises industrielles. Pas de concept stores, pas de mode, du travail.
Quatre générations plus tard, la famille Beerens fabrique toujours. L'usine est restée en France, 100% de la production. Quand toute l'industrie textile française a délocalisé en Asie et au Maghreb dans les années 80-90, Vétra n'a pas bougé. C'est l'un des derniers véritables fabricants de vêtements de travail français.
Le basculement mode arrive par le Japon. Les acheteurs de BEAMS et United Arrows découvrent Vétra dans les années 2000 et comprennent ce que les ouvriers français savaient depuis 80 ans : une veste de travail bien coupée, en moleskine épaisse, avec des poches plaquées et un col droit, c'est la pièce la plus polyvalente qu'on puisse posséder. Vétra entre chez BEAMS, puis chez Huckberry aux États-Unis, puis dans les concept stores européens. Aujourd'hui, vendu dans plus de 20 pays.
Le slogan historique : « Le vêtement qui va. » Pas « le vêtement qui impressionne » ou « qui fait parler ». Qui va. La coupe est droite, inchangée depuis des décennies. Les poches sont fonctionnelles, plaquées, ouvertes, à la bonne hauteur. Les boutons sont solides. Rien n'est décoratif, tout est utile.
Les vestes Vétra ont figuré dans de nombreux films français, le bleu de travail est un marqueur culturel autant qu'un vêtement. De l'ouvrier au peintre, du mécanicien au chef cuisinier. Et maintenant, du hipster de Shibuya au lecteur de Monocle.
Les prix sont restés raisonnables : 100 à 200€ pour une veste, 150 à 250€ pour une combinaison. Pour du 100% fabriqué en France, en moleskine, par une maison familiale de quatre générations, c'est honnête. À comparer avec les marques « workwear heritage » qui facturent le double pour du made-in-Portugal.
Produits iconiques
Veste de Travail #4 en Moleskine
La pièce fondatrice, la veste de travail française par excellence. Moleskine de coton normand, coupe droite inchangée depuis des décennies, col droit, poches plaquées. Le bleu de travail classique, celui qu'on voit sur les peintres, les mécaniciens, les ébénistes depuis un siècle. C'est cette veste que les Japonais ont découverte et adoptée. Sur les trottoirs de Shibuya comme sur les chantiers de Belleville, elle fonctionne. La coupe est simple, ni ajustée ni oversize, elle « va », comme dit le slogan. Le genre de vêtement qu'on enfile sans réfléchir et qui marche avec tout. Entre 120 et 160€. Pour du made-in-France intégral, c'est le meilleur rapport qualité-prix du workwear français.
Coverall en Herringbone
La combinaison de travail en chevron de coton, l'uniforme ouvrier devenu pièce de mode sans que Vétra n'ait changé quoi que ce soit. Le tissu herringbone (chevron) est plus léger que la moleskine, plus respirant pour les mois chauds. La combinaison Vétra, c'est le vêtement le plus fonctionnel jamais conçu : une seule pièce, on l'enfile, c'est fini. Poches partout, poitrine, hanches, cuisses. Le genre de vêtement que les peintres et les mécaniciens portent parce que c'est pratique, et que les créatifs portent parce que c'est beau. Même logique, même pièce. Portée dans de nombreux films français, le bleu de travail intégral est un marqueur culturel autant qu'un vêtement.
Pantalon de Travail en Moleskine
Le pantalon de travail en moleskine, la pièce oubliée du vestiaire Vétra, éclipsée par la veste et la combinaison. Même tissu normand, même coupe droite, taille mi-haute, poches profondes. Le pantalon qu'on achète pour travailler et qu'on finit par porter tous les jours parce qu'il est plus confortable qu'un jean. La moleskine se patine comme un jean brut, elle se moule, s'adoucit, prend les plis du corps. Après six mois, c'est votre pantalon. Après cinq ans, il tient toujours.